Accueillir la vie dans son jardin

Mon jardin était, il y a 4 ans, un pré nu. Enfin nu… Couvert d’herbes folles.

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Chaque été, elles étaient fauchées et servaient de fourrage, comme c’est toujours le cas derrière chez moi, où ce n’est pas (encore) construit.

 

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Non, cette image n’est pas tirée d’un épisode de Louis la Brocante ni de la série France 3 de l’été.

Quand on a construit, en plus de la place prise par la maison, l’allée, etc, tout a été décapé, il ne restait plus rien. J’avais bien conscience d’avoir détruit un écosystème. Ce n’était sans doute pas l’écosystème le plus riche du monde (pas de haie, rien d’autre que de l’herbe), mais c’était un écosystème quand même.

Avoir mauvaise conscience ne suffit pas. J’ai évidemment planté, beaucoup, même. Bien plus que la plupart des gens. J’ai installé des espèces qui n’avaient rien à voir dans le coin, comme l’Eucalyptus gunnii ou les palmiers, mais j’ai aussi tenté de mettre un maximum de plantes ou d’arbres  locaux : le tilleul, le saule pleureur, les chèvrefeuilles, un lilas, un cerisier… J’avais semé un peu de prairie fleurie, aussi.

Et puis surtout, j’ai cessé de vouloir tout maîtriser, de n’admettre que ce qui a été planté en bonne et due forme. L’autre jour, j’ai parlé de la bourrache que j’avais gardée. Je vais donner d’autres exemples.

J’ai semé du gazon, mais je l’ai laissé s’installer à sa sauce : il y a du trèfle plein la pelouse, mais qu’est-ce que ça peut faire ? Tant qu’il y a un tapis vert…

Au début, on arrachait consciencieusement dès le printemps les graminées venues du champ derrière, qui poussaient le long du grillage, aux endroits où les chèvrefeuilles n’ont pas encore envahi. Et puis finalement, c’est tellement plus simple de les laisser pousser. La plupart des gens trouvent ça moche parce qu’on a perdu l’habitude de laisser la nature aller, on doit tout couper, maîtriser, rationnaliser… Mais si on ôte ses lunettes « sociétales », on voit, au printemps, de grandes gerbes verdoyantes, puis dorées. Ensuite, c’est vrai que les gerbes se cassent la figure et que c’est beaucoup moins beau. C’est le bon moment pour les arracher (et c’est très facile à ce moment-là), et laisser le chèvrefeuille et les autres grimpantes, en pleine croissance, prendre la place.

Beaucoup de gens, dans le coin, luttent contre le liseron. On voit des produits spécifiques plein les jardineries pour l’éradiquer. Ici, il envahit tout ! Si je l’arrache dans le potager pour qu’il n’étouffe pas les légumes, je le laisse grimper ailleurs. Pourquoi se passer de jolies fleurs blanches et roses sur ce rosier qui ne refleurira pas de l’été ?

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Pourquoi arracher cette plante, dont j’ignore le nom, et qui semble être plantée exprès à côté du portillon ? Elle est arrivée toute seule, je l’ai gardée.

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Et puisqu’on est dans le potager… J’ai cessé de vouloir arracher toutes les herbes. Après tout, ce n’est que… de l’herbe. Elle empêche que d’autre plantes plus imposantes ne prenne la place, et elle maintient le sol humide en l’ombrageant. Je la coupe juste un peu de temps en temps pour y voir plus clair dans mes plants.

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Je vois que tout ça est payant.

J’avais dit que j’avais vu vite revenir les vers de terre après la construction de la maison. Cette année, pour la première fois, il y a des abeilles partout : sur les trèfles, sur le chèvrefeuille, le tilleul… Je n’en ai jamais vu autant chez un particulier. A une autre époque, j’aurais pris peur. Toutes ces abeilles, prêtes à piquer… Pas besoin d’avoir peur, quand on dit qu’elle ne sont pas agressives, ce n’est pas une légende. Elles font leur vie dans leur coin et nous laissent tranquille. Rien à voir avec les guêpes, qui, hasard ou pas, sont quasiment absentes ici ! Il y a aussi énormément d’oiseaux cette année, malgré le chien et les chats. Je pense que le tas de compost les attire.

Voilà. un dernier semi spontané pour la route : les tomate-cerises. Elles nous avaient fait le coup l’an dernier, cette année, elles recommencent. J’en ai trouvé dans la tour à fraisiers, et dans les semis spontanés d’euphorbe que j’avais récupérés.

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2 réflexions sur “Accueillir la vie dans son jardin

  1. J’adore le liseron ! Je voulais en récupérer dans les champs alentour pour tenter une greffe dans mon jardin. Ici aussi, le jardin est assez libre de sortir ce qu’il veut. On me dit que j’ai de l’herbe à vaches. M’en fout, j’ai rien contre les vaches !

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