« Je n’ai pas la main verte… »

Pendant longtemps, j’ai dit que je n’avais pas la main verte. J’y voyais une sorte de malédiction, un pas-de-bol.

Et puis j’ai compris, grace à un livre de Stéphane Marie,  que si on ne connaît rien en plantes, on ne risque pas d’avoir la fameuse « main verte ».

Avoir la main verte, c’est donc surtout connaître les plantes et leurs besoins. Il est très difficile de connaître beaucoup de plantes, d’autant que les besoins peuvent varier au sein d’un même genre, voire d’une même espèce, selon les variétés.

Mais il y a une chose qui aide énormément, c’est de connaître la localisation d’origine de la plante. Quand on sait ça, on sait tout ce qu’il faut. Il y a différents facteurs qui influent sur les plantes, et ces facteurs dépendent du lieu d’origine de la plante. Je suis une débutante, vous le savez, je n’ai commencé le jardinage qu’il y a 6 ans, en 2010, lorsque nous avons eu notre première maison avec jardin. Et j’ai vraiment mis la gomme sur la connaissance des plantes en 2013/2014, date des premières plantations dans notre jardin actuel. Cependant, grâce à ce principe des facteurs dépendant du lieu, j’ai compris beaucoup de choses en très peu de temps.

Premier facteur : la température

C’est une évidence, il ne pousse pas la même chose sous les tropiques qu’autour du cercle polaire. Certaines plantes résistent au gel, d’autre pas. Et évidemment, les plantes qui résistent au gel sont celles qui ont pu s’adapter dans un milieu froid, celles qui résistent aux températures élevées proviennent des zones chaudes. Il peut exister des exceptions, mais elles sont rares. La Palissade que tout ça, me direz-vous !

C’est là que j’ai envie de parler d’une zone qu’on oublie souvent quand il parle de températures chaudes ou froides, ce sont les zones de montagne, notamment des zones de montagne de pays chauds. Dans ces endroits, il peut faire très froid, et c’est ainsi qu’on peut y trouver des plantes exotiques qui s’adaptent très bien en France métropolitaine.

L’exemple le plus commun à l’heure actuelle est celui du palmier à chanvre Trachycarpus fortunei, qu’on trouve dans les jardins et balcons un peu partout en France, et qui résiste à -20°C. Il vient d’Asie du sud-est, certes, mais il y pousse notamment en altitude, donc sous des températures froides dignes des zones « tempérées ».

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Deuxième facteur : l’humidité du sol

Pour connaître l’humidité d’un sol, il ne suffit pas de regarder la météo. Un sol dans le Finistère peut-être plus bien sec qu’un sol de Toulouse. L’abondance de la pluie n’est pas la seule cause de l’humidité d’un sol : le draînage est capital.

Il existe des sols plus ou moins bien draînés. Pour savoir si son sol est drainant ou pas, il suffit d’observer.

  • Un sol sableux ou rocheux est extrêmement drainant. C’est pour cette raison que souvent, les plantes de la côte Atlantique sont des plantes adaptées aux milieux secs, car l’eau est immédiatemment entraînée en profondeur, malgré la fréquence des pluies. De plus, comme il n’y gèle pas grâce à la proximité du bord de mer, on peut y retrouver des plantes Méditerranéennes, habituées au climat doux et sec. De même, c’est pour cette raison qu’on utilise dans les rocailles des plantes de moyenne-montagne ou de régions désertiques.

 

 

  • A l’inverse, un sol argileux est peu drainant. L’argile forme une couche presque étanche, qui retient l’eau. Lorsqu’il pleut, on a une gadoue qui colle aux pieds, on dit que la terre est « lourde ». Ces sols peuvent donc accueillir des plantes qui aiment l’eau, comme les plantes de berge (les saules, peupliers, roseaux…). Lorsqu’il gèle dans une zone argileuse, comme l’eau est très présente, il faut que les plantes soient particulièrement rustiques pour qu’elles tiennent (plus que dans un sol drainant à température équivalente). De plus, ces sols argileux peuvent être extrêmement durs en été, au point que certaines plantes habituées à un sol léger (humus, sable, calcaire…) ne pourront pas développer de racines assez puissantes pour passer à travers.

 

  • Entre ces 2 extrêmes, on a les sols calcaires, ou argilo-calcaires, ou limoneux.

 

Troisième facteur, le pH du sol

Non, ne partez pas, ce n’est pas aussi technique que ça en a l’air !

Le pH mesure l’acidité d’un sol. Pour connaître l’acidité de son sol, c’est très simple. Il suffit de savoir s’il est calcaire. En général, on sait si on est dans une région calcaire à la fréquence de détartrage de sa salle de bain. Le calcaire est attaqué par l’acide, aussi, un sol calcaire ne peut pas être acide. Il est donc basique.

Mais alors, comment savoir quelles plantes sont adaptées à un sol calcaire ? L’origine, toujours l’origine… Si votre plante provient d’une région où d’un pays où les cailloux blancs font office de végétation (la Grèce, par exemple), vous pouvez être sûr qu’elle aime le calcaire, et donc les sols basiques.

A l’inverse, un sol non calcaire est acide, notamment quand il est riche en humus, car les matières organiques acidifient le sol. Les fameuses plantes de sols acides, dites de « bruyère », aiment ces sols (rhododendrons, azalée, hortensias…). Toutefois, pour ces plantes très prisées pour leur luxuriance, il existe de plus en plus de variétés adaptées aux sols plus basiques, donc regardez bien les étiquettes.

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Quatrième facteur, la richesse du sol

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On dit qu’un sol est riche lorsqu’il y a beaucoup de matière organique. Inversement, un sol est pauvre lorsqu’il y a plus de matière minérale.

Certaines plantes se contentent de peu de matière organique. Elles proviennent de milieux rocheux (montagne), ou bien sablonneux, ou autre coin où il n’y a que du caillou. Attention, l’argile est aussi une roche, malgré son aspect de terre. Un terrain argileux peut donc être stérile, s’il n’est pas recouvert de végétation, mais c’est surtout le cas dans des zones très chaudes.

Il y a évidemment des zones stériles que je connais bien, c’est celles qui sont laissées après un chantier. Souvent, le terrassier va creuser pour les fondations. La couche de terre fertile est souvent mince (rarement plus de 30 cm), et il va donc remonter une terre stérile. A moins qu’il ne l’évacue, ce qui est onéreux, il va ensuite étaler cette terre tout autour de la construction, par-dessus la terre fertile.

A l’inverse, les zones riches sont celles régulièrement enrichies par de la matière organique, comme des feuilles mortes. C’est pour cette raison que les plantes de forêt (tempérée ou jungle)  ne peuvent pas se contenter d’un sol pauvre.

Cinquième facteur : ombre ou lumière ?

Les plantes se servent de leurs feuilles pour capter la lumière, et ainsi, produire leur énergie. Ainsi, plus une plante est adaptée à l’ombre, plus ses feuilles seront grandes, pour compenser le manque de lumière.

C’est pourquoi, lorsque vous voyez une belle grosse plante avec de grandes feuilles, vous pouvez être quasi-sûr que c’est une plante d’ombre.

Et évidemment, les plantes à petites feuilles supportent en général le plein soleil. NB : les aiguilles des conifères sont des feuilles.

Voilà, j’ai fait le tour des principales raisons qui font qu’une plante se plaît plus à un endroit qu’à un autre. En réfléchissant aux caractéristiques géographiques de la région d’origine de votre plante, vous pouvez déduire si elle se portera bien chez vous ou pas.

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